Le Parisien
Mercredi 17 août 2011

Le Plessis-Robinson : le combat d’Amaury Lepetit

HÔPITAL GEORGES-POMPIDOU (PARIS, XVe), DIMANCHE.Amputé au-dessous du genou droit, Amaury Lepetit reste marqué par son accident.

HÔPITAL GEORGES-POMPIDOU (PARIS, XVe), DIMANCHE.Amputé au-dessous du genou droit, Amaury Lepetit reste marqué par son accident. | (LP/NICOLAS DUBOIS.)

«J’ai eu beaucoup de chance. » Amaury Lepetit fait partie de ces miraculés que le destin a tenté de battre à plate couture. C’était il y a plus d’un mois, dans la nuit du 8 au 9 juillet, sur la ligne 9 du métro parisien. Ses amis sont montés à bord, lui est resté à quai. « Je l’ai vu partir… et puis le trou noir.

Je me souviens simplement me tenir la jambe en hurlant », raconte ce joueur du Plessis-Robinson (Ligue B, la 2e Division), également passé par Asnières (Ligue B) et le Paris Volley (Ligue A).

Le natif du Havre se retrouve avec la jambe coincée entre le quai et la rame dans des circonstances encore floues. Le service de l’accueil et de l’investigation de proximité (Saip) du XVIe arrondissement, chargé de l’enquête, a pour sa part indiqué que la chute était « purement accidentelle ». Le dossier a depuis été transmis au parquet de Paris.

Amputé de la jambe droite

L’absence de témoin oblige Amaury à se faire un point de compression. Il souffre d’une double fracture ouverte tibia-péroné. Une artère est également sectionnée. L’amputation est inéluctable. A l’hôpital depuis le 9 juillet, le jeune homme de 24 ans dissimule sa plaie sous un drap et reste dans l’attente d’une greffe de peau. Rien n’est acquis. S’il a été amputé au-dessous du genou, le Havrais sait qu’il pourrait perdre celui-ci si son corps rejetait la prothèse.

« L’attente? Je la vis bien. Je me suis habitué à rester là. » Tout d’un coup prolixe, il évoque les visites — « Ça va et ça vient, je n’ai pas le temps de m’ennuyer —, sa carrière — « Avant, je ne faisais rien d’autre que taper dans une balle, donc c’était plutôt agréable » — et son avenir : « Je veux reprendre un sport, pourquoi pas la natation, que je pratiquais avant. Je veux également commencer une formation, mais laquelle… »

Le volleyeur, soutenu par son club du Plessis-Robinson qui lui octroie toujours son logement, reçoit les appels téléphoniques des coéquipiers, devenus amis : « On parle comme avant. Rien n’a changé. Je suis toujours en bon état. » La commisération repassera. Jusqu’ici claquemuré dans une chambre de l’hôpital Pompidou, celui que l’on surnomme Baguette, en raison d’un physique digne d’un échalas (2 m, 80 kg), a eu le droit à une permission samedi.

« Ça m’a fait du bien, même si je fatigue rapidement. » Hier (mardi), il est de nouveau sorti pour aller à Valenton, son futur centre de rééducation. Là-bas, pas de métro. Tant mieux selon lui : « Quand je devrai retourner sur un quai, j’aurai forcément la boule au ventre. Ce n’est pas pour tout de suite. »

Le Plessis-Robinson (Ligue B) reprend l’entraînement demain matin (10h30) par un travail foncier.

Le Parisien

Nicolas Dubois