Nouaour : « Je n’ai pas la science infuse »
Entraîneur de l’Amiens Métropole volley-ball battu deux fois de suite 3-0, Ali Nouaour a eu une explication avec ses joueurs. Il s’est remis en cause et estime que son équipe peut surprendre.
Suite à vos deux défaites contre le FC Neuweg Saint-Louis et à domicile face au Plessis-Robinson sur le même score (3-0), comment comptez-vous gérer la situation ?
Avec les joueurs, nous avons eu une discussion et nous avons mis les choses à plat. Tout le monde s’est exprimé. Avant ces deux défaites, on a pris Samuel Attili, pour pallier le départ de Simon Fruhbaüer, en espérant faire un coup et annoncer un autre objectif mais on se retrouve à sept points du leader Plessis.
Peut-on parler de crise ?
Je ne pense pas. Il y a eu une mise au point du président qui a vu les joueurs individuellement. Il reste 14 matchs. On forme une famille avec des coups de gueule, des joies, des peines mais on doit rester unis.
Entre des joueurs qui n’ont que le volley en tête et d’autres qui ont une approche plus amateur avec un travail à côté, ce système de fonctionnement n’a-t-il pas atteint ses limites ?
On a cinq joueurs qui consacrent leur temps uniquement au volley. Ils voudraient s’entraîner deux fois par jour, etc. Et on en a cinq qui travaillent à côté. Ils manquent de temps et ils ne peuvent pas s’investir autant que les autres. On se trouve à mi-chemin entre le professionnalisme pur et l’amateurisme avec cette notion de plaisir, etc. À un moment, ça coince.
Mais comment expliquez-vous ces deux revers consécutifs ?
On a effectué un déplacement compliqué de 800 km en Alsace à Saint-Louis situé près de Bâle (Suisse). On est partis à 6 heures. Nos trains ont eu du retard à cause de la neige et on est arrivés à 17 h 50.
On n’a pas été gâtés pour ce match de reprise. J’attendais une réaction d’orgueil face au Plesssis-Robinson mais on a eu une soudaine baisse de régime dès le premier set alors qu’on menait. Le départ de Simon Fruhbaüer nous a fait aussi du mal.
Personnellement, vous remettez-vous en question ?
Bien sûr. Je n’ai pas la science infuse et j’ai demandé aux joueurs de me parler davantage malgré la barrière de la langue. Je leur ai demandé aussi davantage de solidarité, de ne pas perdre de temps à critiquer l’arbitrage, d’écouter encore plus les consignes et faire confiance au libero, au passeur, etc.
Le degré d’exigence des uns et des autres étant diffèrent, existe-t-il des clans dans l’équipe ?
Non, les gars sont solidaires. On est promu et l’équipe a changé à 60 %. Il ne faut pas l’oublier.
Avez-vous tiré la quintessence de votre groupe ?
Je ne crois pas. On a une marge de progression. En étant plus rigoureux et plus sérieux, on peut jouer les trouble-fête.
N’êtes-vous pas tenté de remettre en cause vos schémas tactiques ?
Jusqu’alors, ces schémas ont fonctionné et nous ont permis de monter en N1. C’est surtout la défaite à domicile de Poitiers qui nous a fait mal (2-3). Visiblement, les équipes se sont procuré des vidéos de nos matchs et sur la phase retour, les joueurs doivent être prêts à accepter certains changements tactiques. On peut encore surprendre.
Propos recueillis par RACHID TOUAZI
Le Courrier Picard - mercredi 20 janvier 2010
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VOLLEY-BALL NATIONALE 1 MASCULINE (15e journée)
En colère après ses joueurs, ridiculisés samedi par Plessis-Robinson (0-3), le président de l’Amiens MVB Saïd Bayoumi n’a pas du tout apprécié la parodie de volley-ball proposé.
Que s’est passé samedi soir au Coliseum pour que les Amiénois livrent une prestation indigne contre Plessis-Robinson (0-3) ? Indigne au point que le président Saïd Bayoumi réunissait tous les joueurs pour une mise au point musclée. « Je ne reconnais pas les joueurs, confiait-il à chaud. Depuis quelques semaines on joue en deçà de notre niveau. On a pourtant eu plusieurs jours pour récupérer pendant la trêve hivernale, logiquement nous devrions être parfaitement en place. C’est loin d’être le cas ! »
En colère, Saïd Bayoumi souligne un problème mental dans le groupe entraîné par Ali Nouaour. « Les joueurs n’ont plus de repères, plus de gnac. Il y a un problème de cohésion et de communication au sein des joueurs. Pas un seul n’a été capable de relever l’autre. Ce n’est pas une attitude de gagneurs ! Si on ne montre pas les dents, on n’y arrivera pas. Aujourd’hui, je suis inquiet, le maintien est loin d’être assuré alors que nous avions réalisé un début de saison tonitruant. C’est du gâchis. »
Le président amiénois semble avoir identifié le problème mais reste à apporter les solutions : « Il n’y aura pas de sanction financière mais je vais mettre en place certaines choses pour recadrer les joueurs et le staff technique. On n’a pas le droit de montrer un tel visage devant les partenaires. »
Erreur de casting ?
Faut-il alors penser que l’AMVB a fait une erreur de casting en conservant et recrutant certains joueurs ? « Non, répond Saïd Bayoumi. On ne devient pas mauvais du jour au lendemain malheureusement certains comme Salim Titouah ou Ivan Chipolov n’ont pas montré une attitude de leaders. Ivan doit être au-dessus du lot sur le plan technique mais lorsque le psychologique prend le pas, plus rien ne suit chez lui... Les prétendus leaders doivent être les piliers du groupe et non pas sortir du match aussi vite. D’autant qu’il n’y a pas de solutions sur le banc des remplaçants. »
Dorénavant, la balle est dans le camp des joueurs et d’Ali Nouaour. Le coach doit trouver les mots pour insuffler une nouvelle dynamique. « L’équipe est malade, dit-il. Psychologiquement, nous ne sommes pas bien mais il faut très vite stopper l’hémorragie car tout peut aller très vite dans ce championnat. »
Les Amiénois seront attendus au tournant dès samedi chez la réserve parisienne. Un match auquel pourra participer la dernière recrue Samuel Attivi (réceptionneur-attaquant).
BAKHTI ZOUAD
Le Courrier Picard - lundi 18 janvier 2010
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VOLLEY-BALL
NATIONALE 1 MASCULINE (15e journée)
Énorme
désillusion hier au Coliseum pour l’Amiens MVB dépassé,
surclassé, souvent même humilié par une équipe
de Plessis-Robinson, il est vrai sur un nuage, mais qui aura surtout
su profiter des bourdes adverses.
Dès le premier set, on sent des Amiénois fébriles
à l’image de Silva Rodrigues, Titouah et Chipilov censés
être les piliers de l’équipe. En face, Marquois
et Guillery posent énormément de problème à
la réception picarde qui a le don de se compliquer la tâche.
Logiquement battu 25-20, l’AMVB poursuit sa série de
fautes directes.
Aucune réaction d’orgueil
Illustration avec Tryzna incapable de servir dans le terrain... Le
doute s’installe durablement dans le camp amiénois. En
attaque, Chipilov et Silva Rodrigues sont muselés. Conséquence,
les Franciliens prennent très vite le large (12-6).
L’entraîneur Ali Nouaour tente un coup de poker en faisant
entrer l’expérimenté Zerrouki à la place
de Chipilov, visiblement vexé de sortir aussi tôt. Mais
rien ne se passe et Plessis-Robinson remporte la deuxième manche
25-13 à la grande stupeur des supporters amiénois.
La troisième manche est du même calibre. Toujours pas
de réaction picarde. C’est même l’énervement
qui s’empare des Amiénois, incapables de s’organiser.
Les Franciliens, eux, enchaînent les séries de points
et ne font pas l’erreur de se relâcher. Sans repère,
brisé mentalement, l’AMVB s’incline finalement
25-16. Quelques minutes plus tard, le président Saïd Bayoumi
rassemble les joueurs pour une mise au point musclée dans le
vestiaire. Un coup de gueule « nécessaire », confie-t-il,
«je ne reconnais plus les joueurs. » Ali Nouaour estime,
lui, son équipe « malade. »
Déjà battus sur le même score la semaine dernière
à Saint-Louis, les Amiénois connaissent un sérieux
coup d’arrêt. Très inquiétant avant le déplacement
à Paris samedi. D’autant que la crise de confiance qui
touche le groupe semble profonde.
B.Z.
AMIENS
MVB 0 PLESSIS-ROBINSON 3
Sets : 20-25 ; 13-25 ;
16-25.
Arbitres : MM. Kerckhove et Durand.
AMIENS : Dessaint, Petit, Zahov, Titouah, Silva Rodriguez, Assignamey,
Legagneur, Chipilov, Zerrouki, Tryzna.
Le
Courrier Picard - dimanche 17 janvier 2010
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VOLLEY-BALL
NATIONALE 1 MASCULINE (15e journée)
Surclassé
la semaine dernière à Saint-Louis Neuweg (3-0) en ayant
livré une prestation catastrophique, l’Amiens MVB doit
s’imposer ce soir (20 heures) face au Plessis-Robinson, deuxième,
avec la manière.
La
lourde défaite (3-0 en à peine une heure) ramenée
de Saint-Louis Neuweg a beaucoup fait parler depuis samedi dernier.
Le retour en train a ainsi été très long pour
les joueurs amiénois, qui ont longtemps discuté, l’entraîneur
Ali Nouaour étant resté à l’écart.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’analyse s’est poursuivie
jusqu’à mercredi, avec des décisions communes
à la clé. De quoi aborder la venue du deuxième,
Le Plessis Robinson (ce soir à 20 heures), avec une bonne dose
d’ambition, mais surtout un esprit revanchard.
Un nouveau capitaine
L’arrivée de Samuel Attili (qui ne sera qualifié
que la semaine prochaine) a amené un avis "extérieur".
« Il ne connaissait pas l’équipe. Il l’a
découverte à Saint-Louis, rappelle Ali Nouaour. J’ai
beaucoup parlé avec lui pour avoir son point de vue. On a ensuite
discuté avec les joueurs et on a pris certaines décisions,
afin de nous rapprocher d’un mode de fonctionnement encore plus
professionnel et nous donner toutes les chances de réussir.
»
Les échauffements sont désormais différents.
Jusque là, chacun était libre de se préparer
comme bon lui semblait. « Certains joueurs sont toujours un
peu confrontés à la barrière de la langue (l’équipe
comprend des Français, Algériens, Brésilien,
Bulgares et Slovaque) et inconsciemment, ils s’échauffaient
à leur manière. Tout le monde n’était pas
prêt en même temps. »
Désormais, Samuel Attili prendra en charge cette période,
aussi bien à l’entraînement qu’en match.
« Ça va renforcer la cohésion de groupe »
assure Ali Nouaour, qui a également décidé de
retirer le brassard de capitaine à Ivan Chipilov. « Ce
n’est pas une sanction. C’est pour lui ôter le poids
de certaines responsabilités, afin qu’il se concentre
d’avantage sur son jeu. J’ai déjà constaté
du mieux cette semaine à ce sujet. »
Le brassard reviendra à Attili dès la semaine prochaine
et il sera porté par le passeur Salim Titouah ce soir face
à une « belle équipe du Plessis-Robinson, assure
Ali Nouaour. C’est la plus belle formation de ce championnat.
Mais après le non-match de la semaine dernière, je n’attends
rien d’autre qu’une grosse réaction de mes joueurs
et une victoire avec la manière. »
VINCENT
FOUQUET
Le Courrier Picard - samedi
16 janvier 2010