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En
février 2006, les cadets et cadettes du PRVB se rendaient
en Autriche pour un tournoi international, auquel ils avaient
été invités après leurs belles prestations
de Mulhouse. La délégation était composée
des joueurs des 2 équipes (8 cadets, 9 cadettes), des
entraineurs et des parents accompagnateurs.
Pour ma part, je ne savais pas vraiment quelle place j’allais
occuper : j’avais apporté une caméra
dans le but de filmer les 2 équipes, histoire d’avoir
de beaux souvenirs de cette aventure en Autriche qui était
une première après Dresde en Allemagne. Mais dès
le départ, Damien m’avait demandé ce que
je voulais faire : simple spectateur, ou bien participer
plus activement au tournoi en assistant les managers. Avant
le début du tournoi, on comptait déjà 3
coaches pour les cadets (Damien, Martin et Julien) tandis que
les cadettes aussi avaient leur lot d’entraineurs (les
2 Pascal et Eloïse). Arrivé à Feldkirch j’avais
pris ma décision : je ferais office d’« assistant
des assistants », même si personne ne savait
a priori en quoi cela consisterait.
C’est ainsi que dès le vendredi soir, la veille
du tournoi, je prenais part à la réunion organisée
pour les cadets par Damien et ses assistants.
Avant le coucher, Damien précisait quels seraient les
rôles de chacun pendant ces 2 jours : lui resterait
dans les tribunes, nous laissant à nous trois la tâche
de manager les jeunes. Personne n’avait idée du
niveau qui nous attendait dans ce tournoi, sachant que plusieurs
sélections régionales et une sélection
internationale étaient censées participer.
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Le lendemain 6h, j’accompagnais Martin et Julien dans mon premier décrassage en tant que « non-joueur » ; ça restera mémorable : courir à 6h du matin en Autriche par -10° dans des rues pleines de neige, je me disais qu’il fallait vraiment que ce tournoi en vaille la peine, même si au fond j’étais content d’être ici en Autriche pour un tournoi international auquel je n’avais jamais eu la chance de participer en tant que joueur. Je découvrais donc moi aussi en même temps que Martin, Julien et les 8 joueurs…
Après un petit-déjeuner bien copieux, nous nous
rendions à pied au gymnase (situé à 500m)
qui allait accueillir le tournoi masculin. Notre entrée
dans la compétition se faisait contre les Allemands du
Württemberg… Décidément la réunion
de la veille avait porté ses fruits : les joueurs
avaient retrouvé un esprit d’équipe et une
volonté commune, ils étaient soudés, bien
plus que lors de leurs dernières sorties. Avant même
la fin du premier match, j’avais appris qu’il faut
parfois tenter des choses inédites (comme la réunion
de veille de tournoi) même si on a aucune idée
des effets qu’elles pourront avoir : il faut savoir
trouver ce qui va faire réagir ses joueurs et les faire
évoluer sans forcément qu’eux en aient conscience.
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Pendant
cette première matinée, je suis en fin de compte
peu resté sur le banc : parlant un peu allemand,
j’ai aidé l’arbitre autrichien à vérifier
nos licences ; je n’ai ensuite assisté entièrement
qu’à notre premier match. Le reste du temps, mon
rôle a été de me rendre sur les autres terrains
pour juger du niveau et observer les autres équipes qui
n’étaient pas dans notre poule. C’était
ça aussi l’avantage d’être trois pour
manager : pouvoir aller voir ce qui se passe à côté.
Cette part du travail me revenait en priorité puisque
je ne connaissais pas les joueurs autant que Julien ou bien
sûr Martin qui les côtoyait depuis plus de 2 ans
déjà.
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La
phase de poule s’étant bien déroulée
(les cadets finissent premiers sans aucun set concédé),
la journée allait se conclure par la demi-finale contre
le Württemberg que nous retrouvions comme le voulait la
formule. Comme auparavant j’allais en ce qui me concerne
filmer et observer l’autre demi-finale opposant Dresden
à la sélection régionale du Baden-Württemberg,
car, que nous jouions la grande ou la petite finale, notre adversaire
était forcément sur ce terrain-là. Une
fois le match fini, je rejoignais Martin et Julien sur le banc
du Plessis pour la fin de l’autre demi-finale. A peine
assis, je sentais déjà la forte tension qui régnait
de notre côté : le Plessis menait 1 set à
0, était bien devant dans la seconde manche, et pourtant
je sentais les joueurs et les 2 managers fébriles. D’après
ce que j’avais pu comprendre depuis l’autre terrain,
l’entraineur adverse faisait des siennes et avait demandé
un changement d’arbitres, qui semblait perturber toute
notre équipe. Finalement le match était conclu
sur le score de 26/24 en notre faveur. Nous jouerions donc la
finale contre le Baden-Württemberg. Le soir, le couvre-feu
pour les joueurs était fixé suffisamment tôt,
la dépense d’énergie ayant été
intense tout au long de la journée. Nous décidions
de ne pas faire de réveil musculaire le dimanche matin,
notre finale n’étant prévue qu’à
14h. Nous essayions tant bien que mal à revisionner le
match de nos futurs adversaires que j’avais pu filmer
dans leur demi-finale.
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| Beaucoup
de questions se posaient alors en cette veille de finale :
comment allions-nous jouer contre cette équipe très
physique dont le plus petit joueur ne faisait qu’1m85 (et
encore c’était le libéro) ? Que devions-nous
prévoir pour les repas : un petit déjeuner
copieux sans déjeuner, ou un petit déjeuner et un
déjeuner légers ?... |
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Après une bonne nuit de sommeil, le réveil s’effectuait en douceur : petit déjeuner vers 9h, douche pour certains, puis rangement des affaires et départ plutôt précipité de l’auberge de jeunesse pour la cantine où nous prendrions notre repas vers 11h/11h30. Nous constations le petit problème de communication auprès des joueurs, que nous avions négligé ou peut-être tout simplement oublié, ne leur ayant pas précisé les horaires pour cette journée de dimanche.
Arrivés à la salle, nous assistions à la fin de la finale féminine ; première observation : malgré notre demande la finale se jouerait en largeur, les poteaux disponibles n’étant pas opérationnels pour une finale en longueur. Et premier hic : nous qui avions misé beaucoup sur le service/récep d’après ce que nous avions vu sur vidéo et connaissant les points forts des services de nos joueurs, nous allions devoir nous passer des services lointains comme ceux de J-B, d’Adrien ou de Louis A., qui pour nous étaient censés jouer un rôle important dans cette finale…
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Après
un long échauffement où nous avons pu constater
la supériorité physique de nos adversaires, la
finale pouvait débuter. Le début du match était
équilibré, mais entaché de fautes inhabituelles
de notre part que nous n’avions pas commises jusqu’ici,
surtout en réception. Très vite ce 1 er set tourna
à l’avantage des allemands, sans que nous sachions
quoi faire pour pallier les défaillances totalement imprévues
de nos réceptionneurs Louis et Ludo. En contrepartie
nos services n’étaient pas non plus d’une
grande efficacité, ne mettant quasiment jamais la réception
adverse en difficulté. Là encore, nous n’arrivions
pas à mettre à l’œuvre notre plan
de jeu basé sur l’efficacité de notre service
– services qui n’arrivaient pas éviter le
très bon libéro allemand. Finalement le set était
conclu par les allemands sur un 25-12 qui ne laissait rien augurer
de bon pour la suite. Le 2 ème set partant sur les bases
du 1 er, les coaches optaient pour une prise de risque plus
grande, notamment au service. L’effet escompté
ne se faisait pas attendre : la réception adverse
commençait à plier, et notre réception
s’améliorait du même coup. Malheureusement
l’écart était alors trop gros, pour pouvoir
revenir, les allemands restaient sérieux et terminaient
le match 25-20
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Bien sûr les regrets arrivaient vite : et si on avait pris plus de risques plus tôt, et si la récep avait tenu, et si on avait joué en longueur, et si on avait fait un réveil musculaire ? …
La finale nous a beaucoup appris : un match c’est
avant tout un nombre de données à prendre en compte
et de choix à faire : certaines données sont
connues avant le match (qualités et défauts
des adversaires, jeu en longueur/largeur…), d’autres
sont totalement imprévues et sont à analyser en
cours de match (récep qui flanche…). Certains
choix sont importants, surtout ceux dont on pense qu’ils
ne sont pas primordiaux : après coup, ne pas avoir
fait de réveils musculaires a sûrement eu un impact
chez les joueurs : ça les a sortis de leur routine,
de leur train-train habituel, et leur a mis de la pression supplémentaire
en accentuant le fait que ce match était important -
et donc qu’il nécessitait une préparation
différente des autres matches…
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En
conclusion ce tournoi en Autriche a marqué le début
de ma « carrière » d’entraineur :
alors que je n’y allais en tant que spectateur puis en
tant qu’assistant, c’est en voyant les joueurs évoluer
et en prenant conscience de tout ce qu’un entraineur a
à prendre en compte que j’ai eu envie de véritablement
commencer à entraîner moi aussi. Bien sûr
ce qui me donne envie de débuter n’est que l’aboutissement
du travail d’entraîneur, mais ça en vaut
la peine, et en m’appuyant sur les exemples de Julien
et de Martin, je me dis que tout est possible…
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Pierre Arzounian
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