FELDKIRCH 2006

Tournoi International de Feldkirch

Du 04 février 2006 au 5 février 2006

Par Pierre Arzounian, entraineur assistant

 

En février 2006, les cadets et cadettes du PRVB se rendaient en Autriche pour un tournoi international, auquel ils avaient été invités après leurs belles prestations de Mulhouse. La délégation était composée des joueurs des 2 équipes (8 cadets, 9 cadettes), des entraineurs et des parents accompagnateurs.

Pour ma part, je ne savais pas vraiment quelle place j’allais occuper : j’avais apporté une caméra dans le but de filmer les 2 équipes, histoire d’avoir de beaux souvenirs de cette aventure en Autriche qui était une première après Dresde en Allemagne. Mais dès le départ, Damien m’avait demandé ce que je voulais faire : simple spectateur, ou bien participer plus activement au tournoi en assistant les managers. Avant le début du tournoi, on comptait déjà 3 coaches pour les cadets (Damien, Martin et Julien) tandis que les cadettes aussi avaient leur lot d’entraineurs (les 2 Pascal et Eloïse). Arrivé à Feldkirch j’avais pris ma décision : je ferais office d’« assistant des assistants », même si personne ne savait a priori en quoi cela consisterait.

C’est ainsi que dès le vendredi soir, la veille du tournoi, je prenais part à la réunion organisée pour les cadets par Damien et ses assistants.

Avant le coucher, Damien précisait quels seraient les rôles de chacun pendant ces 2 jours : lui resterait dans les tribunes, nous laissant à nous trois la tâche de manager les jeunes. Personne n’avait idée du niveau qui nous attendait dans ce tournoi, sachant que plusieurs sélections régionales et une sélection internationale étaient censées participer.

Le lendemain 6h, j’accompagnais Martin et Julien dans mon premier décrassage en tant que « non-joueur » ; ça restera mémorable : courir à 6h du matin en Autriche par -10° dans des rues pleines de neige, je me disais qu’il fallait vraiment que ce tournoi en vaille la peine, même si au fond j’étais content d’être ici en Autriche pour un tournoi international auquel je n’avais jamais eu la chance de participer en tant que joueur. Je découvrais donc moi aussi en même temps que Martin, Julien et les 8 joueurs…

Après un petit-déjeuner bien copieux, nous nous rendions à pied au gymnase (situé à 500m) qui allait accueillir le tournoi masculin. Notre entrée dans la compétition se faisait contre les Allemands du Württemberg… Décidément la réunion de la veille avait porté ses fruits : les joueurs avaient retrouvé un esprit d’équipe et une volonté commune, ils étaient soudés, bien plus que lors de leurs dernières sorties. Avant même la fin du premier match, j’avais appris qu’il faut parfois tenter des choses inédites (comme la réunion de veille de tournoi) même si on a aucune idée des effets qu’elles pourront avoir : il faut savoir trouver ce qui va faire réagir ses joueurs et les faire évoluer sans forcément qu’eux en aient conscience.

Pendant cette première matinée, je suis en fin de compte peu resté sur le banc : parlant un peu allemand, j’ai aidé l’arbitre autrichien à vérifier nos licences ; je n’ai ensuite assisté entièrement qu’à notre premier match. Le reste du temps, mon rôle a été de me rendre sur les autres terrains pour juger du niveau et observer les autres équipes qui n’étaient pas dans notre poule. C’était ça aussi l’avantage d’être trois pour manager : pouvoir aller voir ce qui se passe à côté. Cette part du travail me revenait en priorité puisque je ne connaissais pas les joueurs autant que Julien ou bien sûr Martin qui les côtoyait depuis plus de 2 ans déjà.

La phase de poule s’étant bien déroulée (les cadets finissent premiers sans aucun set concédé), la journée allait se conclure par la demi-finale contre le Württemberg que nous retrouvions comme le voulait la formule. Comme auparavant j’allais en ce qui me concerne filmer et observer l’autre demi-finale opposant Dresden à la sélection régionale du Baden-Württemberg, car, que nous jouions la grande ou la petite finale, notre adversaire était forcément sur ce terrain-là. Une fois le match fini, je rejoignais Martin et Julien sur le banc du Plessis pour la fin de l’autre demi-finale. A peine assis, je sentais déjà la forte tension qui régnait de notre côté : le Plessis menait 1 set à 0, était bien devant dans la seconde manche, et pourtant je sentais les joueurs et les 2 managers fébriles. D’après ce que j’avais pu comprendre depuis l’autre terrain, l’entraineur adverse faisait des siennes et avait demandé un changement d’arbitres, qui semblait perturber toute notre équipe. Finalement le match était conclu sur le score de 26/24 en notre faveur. Nous jouerions donc la finale contre le Baden-Württemberg. Le soir, le couvre-feu pour les joueurs était fixé suffisamment tôt, la dépense d’énergie ayant été intense tout au long de la journée. Nous décidions de ne pas faire de réveil musculaire le dimanche matin, notre finale n’étant prévue qu’à 14h. Nous essayions tant bien que mal à revisionner le match de nos futurs adversaires que j’avais pu filmer dans leur demi-finale.

Beaucoup de questions se posaient alors en cette veille de finale : comment allions-nous jouer contre cette équipe très physique dont le plus petit joueur ne faisait qu’1m85 (et encore c’était le libéro) ? Que devions-nous prévoir pour les repas : un petit déjeuner copieux sans déjeuner, ou un petit déjeuner et un déjeuner légers ?...  

Après une bonne nuit de sommeil, le réveil s’effectuait en douceur : petit déjeuner vers 9h, douche pour certains, puis rangement des affaires et départ plutôt précipité de l’auberge de jeunesse pour la cantine où nous prendrions notre repas vers 11h/11h30. Nous constations le petit problème de communication auprès des joueurs, que nous avions négligé ou peut-être tout simplement oublié, ne leur ayant pas précisé les horaires pour cette journée de dimanche.

Arrivés à la salle, nous assistions à la fin de la finale féminine ; première observation : malgré notre demande la finale se jouerait en largeur, les poteaux disponibles n’étant pas opérationnels pour une finale en longueur. Et premier hic : nous qui avions misé beaucoup sur le service/récep d’après ce que nous avions vu sur vidéo et connaissant les points forts des services de nos joueurs, nous allions devoir nous passer des services lointains comme ceux de J-B, d’Adrien ou de Louis A., qui pour nous étaient censés jouer un rôle important dans cette finale…

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Après un long échauffement où nous avons pu constater la supériorité physique de nos adversaires, la finale pouvait débuter. Le début du match était équilibré, mais entaché de fautes inhabituelles de notre part que nous n’avions pas commises jusqu’ici, surtout en réception. Très vite ce 1 er set tourna à l’avantage des allemands, sans que nous sachions quoi faire pour pallier les défaillances totalement imprévues de nos réceptionneurs Louis et Ludo. En contrepartie nos services n’étaient pas non plus d’une grande efficacité, ne mettant quasiment jamais la réception adverse en difficulté. Là encore, nous n’arrivions pas à mettre à l’œuvre notre plan de jeu basé sur l’efficacité de notre service – services qui n’arrivaient pas éviter le très bon libéro allemand. Finalement le set était conclu par les allemands sur un 25-12 qui ne laissait rien augurer de bon pour la suite. Le 2 ème set partant sur les bases du 1 er, les coaches optaient pour une prise de risque plus grande, notamment au service. L’effet escompté ne se faisait pas attendre : la réception adverse commençait à plier, et notre réception s’améliorait du même coup. Malheureusement l’écart était alors trop gros, pour pouvoir revenir, les allemands restaient sérieux et terminaient le match 25-20

 

Bien sûr les regrets arrivaient vite : et si on avait pris plus de risques plus tôt, et si la récep avait tenu, et si on avait joué en longueur, et si on avait fait un réveil musculaire ? …

La finale nous a beaucoup appris : un match c’est avant tout un nombre de données à prendre en compte et de choix à faire : certaines données sont connues avant le match (qualités et défauts des adversaires, jeu en longueur/largeur…), d’autres sont totalement imprévues et sont à analyser en cours de match (récep qui flanche…). Certains choix sont importants, surtout ceux dont on pense qu’ils ne sont pas primordiaux : après coup, ne pas avoir fait de réveils musculaires a sûrement eu un impact chez les joueurs : ça les a sortis de leur routine, de leur train-train habituel, et leur a mis de la pression supplémentaire en accentuant le fait que ce match était important - et donc qu’il nécessitait une préparation différente des autres matches…

En conclusion ce tournoi en Autriche a marqué le début de ma « carrière » d’entraineur : alors que je n’y allais en tant que spectateur puis en tant qu’assistant, c’est en voyant les joueurs évoluer et en prenant conscience de tout ce qu’un entraineur a à prendre en compte que j’ai eu envie de véritablement commencer à entraîner moi aussi. Bien sûr ce qui me donne envie de débuter n’est que l’aboutissement du travail d’entraîneur, mais ça en vaut la peine, et en m’appuyant sur les exemples de Julien et de Martin, je me dis que tout est possible…

Pierre Arzounian